Nyon

Hublot à la conquête du monde depuis son campus

La marque horlogère, propriété du groupe LVMH depuis 2008, construit actuellement deux nouveaux bâtiments dans le nord de Nyon, en prolongement de ses deux premières manufactures. Un véritable campus est en train de naître.

1000 m2 du nouveau campus seront réservés à des start-up innovantes
1000 m2 du nouveau campus seront réservés à des start-up innovantes - Copyright (c) Hublot
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C’est encore un gros trou le long Lausanne. Mais dans quelques mois, le tout sera des plus impressionnants si l’on en juge les deux bâtiments déjà existants, construits dès 2009. Oui, Hublot, installé dans la cité vaudoise depuis 1985 (lire encadré), a non seulement décidé de prolonger l’aventure à Nyon, alors que le monde entier ferait des ponts d’or pour accueillir la firme, mais il a surtout décidé de voir grand. Très grand.

Ces nouveaux locaux seront destinés à la recherche et au développement de la marque, mais aussi à l’assemblage des montres, augmentant significativement la production internalisée. «Le développement du campus Hublot à Nyon repré- sente un investissement stratégique qui va renforcer notre position de leader dans l'industrie horlogère. À long terme, nous imaginons que ce campus deviendra un pôle horloger d'importance régionale et internationale», explique la direction d’Hublot. Il s’agit aussi pour Hublot de recruter les talents de demain pour conserver son leadership. C’est ici que la situation géo- graphique prend toute son importance: l’aéroport international côté genevois ; l’EPFL côté lausannois ; la tradition horlogère du côté de la Vallée de Joux. Tout est là, semble-t-il, pour bien faire.

Expansion

L'enjeu pour Hublot est de recruter les talents de demaindiaporama
L'enjeu pour Hublot est de recruter les talents de demain

Du côté de l’entreprise entrée dans le giron du groupe de luxe LVMH en 2008, on s’y voit donc déjà: «Le nouveau campus Hublot ne sera pas seulement un lieu de travail; ce sera un écosystème vivant où se mêlent créativité horlogère, respect environnemental et le bien-être de nos employés.» Justement, le nombre des employés, actuellement de 470 à Nyon et plus de 1000 dans le monde, va nécessairement augmenter. De nouveaux ateliers d’assemblage sont prévus dans un bâtiment entièrement vitré de 15’000 m2 qui deviendra le symbole de ce campus. L’enjeu est bien sûr d’augmenter le nombre d’unités produites pour répondre à la demande et conquérir de nouveaux marchés mais il s’agit également de rapatrier en un même lieu la production des mouvements de la montre, véritable cœur du réacteur.

Cette expansion industrielle a été rendue possible par un compagnonnage fidèle avec les autorités de Nyon, lesquelles ont mis à disposition de l’horloger un terrain communal en droit de superficie pour une durée de 99 ans. Chose que la Ville avait déjà faite en 2009 pour le premier bâtiment. «Nous faisons avec Hublot ce que nous aurions fait pour d’autres entreprises: leur permettre de grandir sur place», détaille le syndic de Nyon, Daniel Rossellat. «Naturellement, c’est une entreprise particulière tant d’un point de vue de son rayonnement international que du nombre de ses employés et nous sommes très heureux qu’Hublot soit lié à Nyon.» Une relation solide traduite par un accord fort: sur demande des autorités locales, la marque horlogère s’est engagée, dans son nouveau campus, à réserver 1000 m2 pour accueillir des jeunes entreprises actives dans l’innovation numérique et l’artisanat créatif. De même, une crèche publique sera ouverte dans le quartier.

De Genève à Nyon

Constituée à Genève au début des années 1980 par Carlo Crocco sous l’appellation MDM, l’entreprise s’installe en 1985 au centre Articom de Champ-Colin, à Nyon. MDM lance alors la marque Hublot, qui deviendra vite «la» montre des têtes couronnées, comme on aimait à le dire à l’époque. Du haut de gamme et un succès rapide. Mais après des années de croissance, le chiffre d’affaires se met à stagner. Arrive alors, en 2004, Jean-Claude Biver, helvético-luxembourgeois ayant fait carrière dans d’autres prestigieuses institutions horlogères. D’emblée, il lance une nouvelle série, «Big Bang», qui connaît un succès mondial. En 2012, Jean-Claude Biver quitte son poste de CEO, repris par Ricardo Guadalupe.