Voyage

Athènes : balade architecturale au Pirée

01.03.2023 à 08:47/ Prestige immobilier

Point de départ pour les îles grecques des Cyclades, le port d’Athènes déploie les charmes d’une architecture néo-classique, mise en valeur par de récentes rénovations.

Depuis la péninsule du Pirée, la vue s’ouvre sur le golfe d’Égine.
Depuis la péninsule du Pirée, la vue s’ouvre sur le golfe d’Égine. - Copyright (c) Yiannis Skoulas
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Le port du Pirée… Des poulpes sèchent, suspendus devant les terrasses des restaurants, des ferries en partance pour les îles des Cyclades embarquent les voyageurs, des mélodies jouées au bouzouki ponctuent la balade… Une ambiance qui invite au voyage. Fort d’une identité propre, le quartier portuaire d’Athènes vaut la peine qu’on s’y attarde à la recherche de Zorba le Grec, du film de Jules Dassin (1964). Figurant parmi les plus grands ports du monde en termes de trafic de passagers, Le Pirée accueille chaque année quelque 12 millions de voyageurs. En 2016, dans le sillage de la crise de l’euro qui a durement frappé la Grèce, le port de marchandises a été vendu à la compagnie chinoise Cosco.

Port de première importance dès la fin du XIXe siècle, le Pirée disposait d’une infrastructure de transport maritime complète.diaporama
Port de première importance dès la fin du XIXe siècle, le Pirée disposait d’une infrastructure de transport maritime complète.

Qu’à cela ne tienne. La nuit tombée, les habitants attablés se lèvent pour se prendre par l’épaule et danser un sirtaki. Le décor architectural de ce quartier populaire vaut à lui seul le détour. L’endroit vit une nouvelle jeunesse grâce à un programme de conservation qui a permis de sauver des édifices et de rénover différents bâtiments iconiques. « L’identité architecturale de la ville reste clairement lisible en tant que centre urbain », décrypte Stamatina Malikouti, professeure émérite d’architecture à l’University of West Attica et moteur de la préservation du patrimoine auprès de l’association Monumenta. Toute une partie de la commune du Pirée a été déclarée « centre historique ». Certains bâtiments - datant principalement du XIXe et du début du XXe siècle - ont été classés comme monuments historiques entre 1982 et 1987, lorsque Melina Mercouri était ministre de la Culture. Ancienne actrice, notamment dans Zorba le Grec, cette Athénienne s’est toujours engagée pour le patrimoine et s’est battue pour le retour des frises du Parthénon, restituées en janvier par le British Museum après deux siècles dans sa collection.

Le Pirée moderne a été établi en 1834 en tant que nouvelle colonie dans la zone de celle de l’ère classique, complètement détruite lors de la guerre d’indépendance grecque menée contre l’occupation turque. « Conçue comme une coquille maritime et commerciale étroitement liée aux besoins d’Athènes, la ville est devenue un centre urbain dans les années 1900 », poursuit Stamatina Malikouti. Port de première importance dès la fin du XIXe siècle, le Pirée disposait d’une infrastructure de transport maritime complète. L’esprit du néoclassicisme grec domine alors la physionomie de la ville. Un exemple de ce style est l’imposante gare datant de 1928 qui accueille le visiteur, au terminus de la ligne ferroviaire Athènes-Le Pirée. L’architecte Ioannis Axelos a conçu une grande verrière qui recouvre les quais et confère à l’intérieur de la structure un aspect lumineux.

Située en plein coeur du Pirée, la cathédrale de la Sainte Trinité date du XIXe siècle.diaporama
Située en plein coeur du Pirée, la cathédrale de la Sainte Trinité date du XIXe siècle.

De son côté, l’église Saint-Nicolas, comme d’autres églises du XIXe siècle, présente un mélange d’éléments architecturaux grecs classiques et byzantins. Parmi les bâtiments publics ayant une signification symbolique pour la ville se distingue le théâtre municipal, conçu par l’architecte Ioannis Lazarimos dans les années 1870. Inspirée de l’Opéra Comique de Paris, la construction abrite aujourd’hui la Pinacothèque municipale et le Musée Pavou Aravantinou. Stamatina Malikouti souligne : « Les maisons ordinaires, les manoirs et villas, les usines, les banques et les hôtels présentent une variété de formes remarquable. »

En Grèce, l’architecture du début du XXe siècle est marquée par l’Ecole des Beaux-Arts, l’institution parisienne légendaire qui a imposé son style dans le monde entier. Le bâtiment la Banque de Grèce, construit en 1926, est emblématique de cette tendance. Les dessins des édifices reprennent les proportions du classicisme romain et grec, en les combinant avec des influences flamboyantes de la Renaissance et du baroque. Cette influence a marqué les architectes et ingénieurs civils locaux qui ont pour la plupart fait des études dans les grandes capitales européennes.